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Du défrichement aux lotissements
Au XIIe siècle, l’ordre du Temple défriche les terres marécageuses situées au nord-est de l’enceinte de Philippe Auguste. Dès le XVIe siècle, mais surtout après la création de la place Royale (future place des Vosges) par Henri IV en 1605, l’aristocratie se construit de grands hôtels particuliers.
Le quartier de la noblesse
Ce quartier était habité aux XVIIe et XVIIIe siècles par la noblesse, qui se rendait à la messe à l’église Saint-Louis toute proche (actuelle église Saint-Paul-Saint-Louis).
Madame de Sévigné se rendait régulièrement à la messe dans cette église pour écouter les célèbres homélies du père Louis Bourdaloue.
On y entendait la musique des plus grands compositeurs français de cette époque : Marc-Antoine Charpentier (redécouvert par Carl de Nys), André Campra, Louis Marchand et Jean-Philippe Rameau.
Commerçants et artisans
Vue d’ensemble de la Place des Vosges
Le départ de la cour pour Versailles marque un déclin. Hôtels particuliers et cours d’immeubles sont investis par une population de condition modeste constituée d’ouvriers, de marchands et surtout d’artisans.
Les transformations haussmaniennes ne touchent le secteur qu’assez marginalement par l’intermédiaire de nouvelles règles d’alignement pour les nouvelles constructions. On peut ainsi observer, aujourd’hui, l’existence de « dents creuses » ou de rues de largeur irrégulière en raison de l’échec d’une réglementation complexe et son interruption avec la fin du Second Empire. Certaines percées n’auront pu être évitées. Plusieurs témoins du Paris médiéval disparaissent et certaines parcelles adoptent des formes étrangement biaises avec la réalisation des rues Turbigo ou Réaumur pour ne citer que les principales.
Les ashkénazes
Magasin juif dans le Marais.
À la fin du XIXe et dans la première moitié du XXe siècle, la partie autour de la rue des Rosiers accueille de nombreux juifs d’Europe de l’Est (ashkénazes) qui renforcent la spécialisation du quartier du Marais pour la confection. Le répit n’est que de courte durée pour une communauté qui devient une cible facile à partir de 1940 quand les nazis contrôlent le pays. Des plaques gravées à l’entrée de nombreux édifices publics (en particulier de toutes les écoles) et d’immeubles rappellent la barbarie d’une époque qui n’est pas si lointaine.
Le secteur sauvegardé
En 1969, André Malraux fait du Marais le premier « secteur sauvegardé » régit par un Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) et abritant de nombreux musées et lieux historiques à l’architecture d’exception[1].
Le quartier chinois
Le nord du Marais abrite également la plus ancienne et la plus discrète communauté chinoise de Paris. Ainsi on peut découvrir, rue du Temple et à proximité de la République, l’église chinoise de Paris.
Pendant la Première Guerre mondiale, la France manque de bras à l’arrière et particulièrement d’hommes durs à la peine. À la demande de la France, l’Empire du milieu finit par envoyer plusieurs milliers de ses ressortissants, à la condition expresse que ces derniers ne participent pas directement aux combats. Certains sont restés pour s’installer autour de la rue au Maire.
Aujourd’hui, leurs activités de commerçants en bijouterie et maroquinerie les poussent à investir les boutiques et ateliers du nord du IIIe arrondissement et, au-delà, dans le quartier du Sentier.
Le quartier des artistes
Plus récemment, des galeries d’art ont commencé à fleurir un peu partout.
Le quartier gay
Depuis les années 1980, le quartier a vu le renforcement d’une communauté homosexuelle (ou gay), regroupée essentiellement autour de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, à travers la fréquentation de bars, restaurants, librairies, magasins de vêtements et l’acquisition de biens immobiliers. Ces commerces marquent une mutation dans le sens où ils sont désormais ouverts sur la cité. Pour une analyse géographique solide voir: Leroy Stéphane, 2005, “Le Paris gay. Eléments pour une géographie de l’homosexualité”, Annales de Géographie, n°646, p. 579-601.